Le projet de loi 59: un pacte avec le diable

L’idée de modifier les lois afin de protéger la religion contre la critique fait son chemin dans les esprits. Le projet de loi 59 du gouvernement Couillard prévoit une mesure pour armer la Commission des droits de la personne dans sa lutte contre les propos haineux envers un groupe. Le Code criminel du Canada les interdit déjà. La preuve doit écarter tout doute raisonnable, et la jurisprudence définit strictement les propos haineux. Seule la forme la plus extrême d’incitation à la détestation est considérée illégale par les tribunaux. Le gouvernement Couillard voudrait permettre des poursuites pour propos haineux au civil, avec une preuve allégée. Une plainte anonyme suffirait. Le risque est faible, mais il se pourrait qu’une critique contre une religion acerbe, mais bien argumentée puisse être interdite. Le projet de loi est considéré comme une bonne nouvelle par le collectif Québec inclusif[1].

Ce projet de loi est un risque pour la liberté d’expression qu’il est inutile de prendre. Pour mesurer convenablement de l’ampleur de ce risque, il faut savoir que le projet de loi du gouvernement s’inscrit dans le sillage du liberticide Processus d’Istanbul. En 2011, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a obtenu du Conseil des droits de l’homme de l’ONU la résolution 16/18, qui enjoint tous les pays à lutter contre « l’intolérance, les stéréotypes négatifs et la stigmatisation de la religion et de la croyance ». Concrètement, cela signifie inscrire dans le droit international une interdiction de blasphémer. Cette résolution 16/18 a été bien accueillie par la secrétaire d’État Hillary Clinton lors de la deuxième réunion du Processus d’Istanbul à Washington en décembre 2011. L’OCI, dont le siège est situé en Arabie saoudite, exige depuis plus d’une décennie l’adoption d’une loi universelle contre le blasphème[2]. L’OCI condamne l’expression et la diffusion de tout propos jugé offensant à l’endroit de l’islam[3].

Quelques mois plus tôt, le 7 septembre 2011, s’est déroulée à Montréal la Deuxième conférence mondiale sur les religions du monde après le 11 septembre 2001, organisée par l’Université McGill en collaboration avec l’Université de Montréal. Le comité organisateur de l’événement avait indiqué dans un communiqué que la question suivante serait soumise aux participants : « Est-ce que la violation des écritures d’une religion devrait être considérée comme étant équivalente à la violation des écritures de toutes les religions? » Avant même la tenue de l’événement, le comité organisateur de l’événement a publié sur son site la Déclaration universelle des droits de la personne par les religions du monde. En voici deux articles :

Article 12.4 Chacun a le droit que sa religion ne soit pas dénigrée dans les médias ou dans les maisons d’enseignement.

Article 12.5 Il est du devoir de l’adepte de chaque religion de s’assurer qu’aucune religion n’est dénigrée dans les médias ou dans les maisons d’enseignement.

À la fin de la conférence, la résolution suivante a été adoptée :

Que la violation de la sainteté des écritures d’une religion, quelle qu’elle soit, est comparable à la violation de la sainteté des écritures de toutes les religions[4].

Qu’est-ce qu’une violation des saintes écritures? Dire que le Coran est d’origine purement humaine, est-ce violer sa sainteté? Cette conférence a heureusement soulevé l’indignation d’intellectuels éclairés qui comprennent l’importance de la liberté d’expression. Dans une déclaration signée par quatorze intellectuels s’opposant à la Deuxième conférence mondiale sur les religions, on peut lire ceci :

Si ce principe devait être adopté et codifié sous forme de loi, cela ouvrirait la porte à d’innombrables poursuites judiciaires pour blasphème et autres motifs, car il suffirait d’affirmer qu’une critique de la religion constitue un dénigrement pour poursuivre en justice. En fait, cette Déclaration absout à l’avance toutes les religions de quelque critique que ce soit[5].

L’adoption d’une loi restreignant la liberté de critiquer la religion aurait effectivement de graves conséquences. Cela aggraverait une injustice déjà existante. L’article 319.3.b du Code criminel permet de tenir des discours haineux s’ils sont inspirés par la religion. Cela protège ceux qui citent les versets homophobes, misogynes et racistes des textes religieux contre les poursuites pour propagande haineuse. Un curé, un rabbin ou un imam peut ainsi enseigner que ma vie d’homosexuel est « une abomination », tant qu’on ne peut pas prouver qu’il met ses ouailles dans un esprit de détestation.

Avec le projet de loi 59, un gai qui critique l’homophobie de l’islam pourrait être poursuivi et condamné, mais pas le musulman qui va dire publiquement que les homosexuels sont des pervers en invoquant le Coran. On protégerait les religieux homophobes contre la poursuite, mais on poursuivrait les homosexuels qui critiquent la religion.

Les croyants de toutes confessions doivent apprendre à ne pas s’identifier à leurs croyances. Être une personne, ce n’est pas être un ensemble de croyances. Ce sont les personnes qu’il faut respecter, pas leurs croyances. Vous avez le droit de croire ce que vous voulez dans l’exacte mesure où j’ai le droit de dire que vos croyances sont complètement stupides et ridicules. Être contre cela, c’est être contre la démocratie. Le gouvernement Couillard doit abandonner son projet de loi liberticide. La vigueur d’une démocratie peut se mesurer au respect qu’elle accorde aux blasphémateurs.

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[1] http://www.newswire.ca/fr/story/1553777/quebec-inclusif-salue-le-projet-de-loi-sur-la-neutralite-de-l-etat-et-invite-le-gouvernement-et-la-population-a-tenir-des-debats-respectueux [page consultée le 17 juillet 2015]

[2] Nina Shea, « A perverse “process” », New York Post, 17 décembre 2011.

[3] http://cnsnews.com/news/article/religious-tolerance-resolution-backed-obama-administration-aligns-islamic-bloc-s [page consultée le 20 juillet 2014].

[4] http://gcwr2011.org/fr/resolutions.htm [page consultée le 20 juillet 2014].

[5] http://pointdebasculecanada.ca/actualites/un-appel-a-luniversite-mcgill-et-a-luniversite-de-montreal-pour-quelles-appuient-la-liberte-dexpression/.

Auteurs de manuels scolaires, soyez plus rigoureux!

Jean-Claude St-Onge fait partie des quelques trop rares professeurs de philosophie au collégial à oser mettre leurs idées de l’avant. Il se démarque par des idées progressistes et sa critique sociale. Il a publié aux Éditions Écosociété et semble partager leurs valeurs. Son écriture est beaucoup plus intéressante que d’autres « spécialistes » du manuel scolaire. Malheureusement, on ne peut pas dire que son manuel La condition humaine[1] soit un exemple de rigueur.

En 2013, j’avais publié une critique de La condition humaine où je mentionnais que St-Onge avait utilisé une fausse citation de Dawkins et j’avais proposé une traduction qui me semblait plus juste de la phrase de la préface de The selfish gene qui est utilisée dans la première partie de la citation apocryphe de St-Onge[2].

En effet, dans la quatrième édition de son manuel, St-Onge place cette citation de Dawkins en exergue au chapitre intitulé « Le déterminisme : sommes-nous programmés? » qui porte sur le déterminisme génétique :

Nous sommes des « robots aveugles » contenant des gènes qui nous contrôlent corps et esprit.

J’aurai dû dire une citation qu’il attribue à Dawkins, car Dawkins n’est pas un déterministe génétique :

il est faux – et par ailleurs il s’agit d’une erreur très répandue – de supposer que les traits génétiquement hérités soient par définition fixes et impossibles à changer. Nos gènes peuvent nous apprendre à être égoïstes, mais nous ne sommes pas obligés de leur obéir toute notre vie. Il se peut seulement que l’altruisme nous soit plus difficile à apprendre que si nous étions génétiquement programmés à avoir un tel comportement. De tous les animaux,  seul l’homme est dominé par la culture, les influences qu’il a subies et apprises[3].

Dawkins n’a jamais écrit que les gènes nous contrôlent corps et esprit. La citation placée en exergue est une fabrication. Elle reprend l’idée que nous sommes des robots programmés à l’aveuglette que l’on retrouve dans la préface à l’édition de 1976 de The Selfish Gene :

We are survival machines — robot vehicles blindly programmed to preserve the selfish molecules known as genes.

L’idée que nos gènes nous contrôlent corps et esprit vient d’une fausse traduction que l’on retrouve, par exemple, dans Not in Our Genes de Rose, Kamin et Lewontin (p. 287) :

[Ils] nous contrôlent, corps et âme.

Dawkins n’a pas écrit que les gènes nous contrôlent, il a écrit (The Selfish Gene, chapitre 2) que les gènes nous ont créés :

They are in you and me; they created us, body and mind; and their preservation is the ultimate rationale for our existence.

Dawkins déplore lui-même le contre-sens dans une note de la seconde édition de son ouvrage :

Dans le contexte de ce chapitre, je pense que ce que je voulais dire par «créé» est évident et que c’était très différent de «contrôlent». N’importe qui peut voir facilement que les gènes ne contrôlent pas leurs créations au sens fort du «déterminisme» objet de la critique. Nous les défions sans effort (enfin, presque) chaque fois que nous utilisons la contraception[4].

St-Onge a donc mélangé deux extraits de Dawkins, dont un mal traduit, pour fabriquer un exergue qui fait passer Dawkins pour un déterministe génétique enragé.

Lorsque j’ai publié ma critique en 2013, m’a accusé d’exagérer et d’être de mauvaise foi. On m’a dit que j’ai des exigences de rigueur trop élevées pour un manuel destiné à l’enseignement collégial. Dans la cinquième édition du manuel, publié en 2015, St-Onge (ou l’éditeur) a remplacé la citation apocryphe par la traduction que j’avais proposée dans mon article.

Morale de l’histoire : ne jamais citer les citations d’un autre sans aller vérifier son exactitude dans l’œuvre originale.

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[1] Jean-Claude St-Onge, La condition humaine. Quelques conceptions de l’être humain, 4e édition, Gaëtan Morin éditeur, Montréal, 2011.

[2] François Doyon, « L’auteur d’un manuel scolaire falsifie des citations pour présenter Richard Dawkins comme un misogyne », https://www.ababord.org/L-auteur-d-un-manuel-scolaire

[3] Richard Dawkins, Le gène égoïste, Paris, Odile Jacob, 2003, p. 40.

[4] Richard Dawkins, Le gène égoïste, Paris, Odile Jacob, 2003, p. 361-362.

L’arnaque bio

Les aliments biologiques sont très en vogue. Certains en consomment simplement parce qu’ils croient qu’ils sont meilleurs pour la santé et l’environnement, d’autres y voient aussi un acte politique. Mais avant de payer plus cher pour des aliments biologiques ou avant de vous sentir coupable de ne pas être assez riche pour être un bon citoyen (car si acheter c’est voter, les pauvres n’ont pas les moyens d’être d’aussi bons citoyens que les mieux nantis[1]), il faut savoir trois choses.

Premièrement, il n’a jamais été prouvé que les aliments biologiques sont plus nutritifs. Une méta-analyse de plus de 150 études, publiée en Allemagne en 1997, a montré qu’il n’y a pas de différence significative entre la valeur nutritionnelle des aliments biologiques et ceux issus de l’agriculture conventionnelle[2].  Les résultats de cette méta-analyse sont confirmés par une étude de 2010 : « there is insufficient evidence to recommend organic over conventional vegetables[3]. » Une méta-analyse de 2012 publiés par des chercheurs de l’université de Stanford confirme celle de 1997 : « The published literature lacks strong evidence that organic foods are significantly more nutritious than conventional foods[4]. » De plus, une étude publiée en 2012 par l’Université Aarhus au Danemark conclut que la consommation à long terme d’aliments biologiques ne fait pas une grande différence du point de vue de la santé : « the differences in dietary treatments composed of ingredients from different cultivation systems did not lead to significant differences in the measured health biomarkers, except for a significant difference in plasma IgG levels[5]. »

Deuxièmement, le risque qu’il se retrouve des résidus de pesticides détectables sur les aliments biologiques est seulement réduit de 30 % et la différence concernant le risque de dépasser les seuils permis est insignifiante[6].

Troisièmement, c’est un fait que grâce à la mécanisation, au développement de meilleures techniques d’irrigation, mais aussi grâce aux engrais chimiques et aux pesticides, la production mondiale de céréales a plus que doublé entre 1961 et 2001, une augmentation largement issue de la croissance du rendement par hectare et non pas de l’accroissement de la superficie des terres cultivables[7]. Vouloir remplacer l’agriculture conventionnelle par l’agriculture biologique est irresponsable dans notre contexte mondial de croissance démographique, car il n’a pas été démontré de façon claire que l’agriculture biologique est aussi productive que l’agriculture conventionnelle, comme le dit une méta-analyse publiée en 2012 : « organic yields are typically lower than conventional yields. But these yield differences are highly contextual, depending on system and site characteristics, and range from 5% lower organic yields (rain-fed legumes and perennials on weak-acidic to weak-alkaline soils), 13% lower yields (when best organic practices are used), to 34% lower yields[8] ». Cette moindre productivité s’explique par la moindre efficacité des moyens biologiques de lutte contre les mauvaises herbes et les maladies. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une marge de progrès et de recherches, mais en attendant, encourager l’agriculture biologique, c’est encourager la déforestation (cela prend une plus grande superficie de terre agricole pour produire la même quantité de nourriture), ce qui a des conséquences environnementales peut-être encore plus dévastatrices que celles résultant de l’usage des engrais et des pesticides[9].

On va me dire que la solution passe par la réduction de notre consommation de viande. Hélas, la diminution de notre consommation de viande ne pourra pas vraiment compenser les effets négatifs de l’augmentation de la consommation de viande que l’on observe dans les pays émergents. Et dans les pays en voie de développement, cette augmentation de la consommation de viande est une excellente chose, car la population souffre de graves problèmes de carences. On peut donc raisonnablement douter de la capacité de l’agriculture biologique à nourrir la planète dans un contexte de croissance démographique (9 milliards d’êtres humains sont prévus en 2050). Et c’est sans compter toutes les terres agricoles qui sont accaparées pour la production des biocarburants destinés à faire rouler les voitures « vertes » des petits bourgeois bien pensants.

Le bio, un truc marketing pour vendre des produits inutilement plus cher? Bien des gens pensent que les produits biologiques sont de meilleure qualité. C’est ce que laissent entendre des organismes comme Équiterre. Or, dans l’état actuel de nos connaissances, il est possible que les consommateurs de produits biologiques paient plus cher pour des produits qui ne sont pas meilleurs. On rétorquera peut-être qu’il est aussi possible qu’ils paient plus cher pour développer de nouvelles pratiques. Ainsi, en plus d’une bonne conscience, les consommateurs, souvent sans le savoir, paient aussi pour encourager l’adoption de pratiques agricoles, qui jusqu’à présent, n’ont toujours pas démontré leur efficacité… Un avantage bien petit pour une considérable différence de prix! Il me semble malhonnête que les organismes et les personnes qui font la promotion des produits biologiques n’admettent pas ouvertement ces faits. Les consommateurs soucieux de leur conscience se font tromper sur la valeur réelle des produits qu’ils achètent et ne font peut-être qu’inciter les agriculteurs à choisir un mode de culture moins productif pour obtenir une certification biologique qui permet aux biens nantis de s’acheter une bonne conscience.

Texte publié originellement dans Québec sceptique, no 87, 2015.

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[1] Sans parler du fait que 40 % des Montréalais n’ont pas accès à de bons fruits et légumes dans un rayon de 500 mètres de leur domicile. Faut-il avoir une voiture pour être un bon citoyen? (Sara Champagne, « Des “déserts alimentaires” à Montréal », La Presse, 27 octobre 2013).

[2] Woese, K., D. Lange, C. Boess et K. Werner Bogl, 1997.  » A Comparison of Organically and Conventionally Grown Foods – Results of a Review of the Relevant Literature. » J. Sci. Food Agric. 74 : 281-293.

[3] Hoefkens C, Sioen I, Baert K, De Meulenaer B, De Henauw S, Vandekinderen I, Devlieghere F, Opsomer A, Verbeke W, Van Camp J., “Consuming organic versus conventional vegetables: the effect on nutrient and contaminant intakes”, Food Chem Toxicol., 2010 Nov;48(11) : 3058-66.

[4] Crystal Smith-Spangler, Margaret L. Brandeau, Grace E. Hunter, J. Clay Bavinger, Maren Pearson, Paul J. Eschbach, Vandana Sundaram, Hau Liu, Patricia Schirmer, Christopher Stave, Ingram Olkin, Dena M. Bravata; « Are Organic Foods Safer or Healthier Than Conventional Alternatives?A Systematic Review”, Annals of Internal Medicine, 2012 Sep;157(5) : 348-366.

[5] Maja M. Jensen, Henry Jørgensen, Ulrich Halekoh, Jørgen E. Olesen, and Charlotte Lauridsen, “Can Agricultural Cultivation Methods Influence the Healthfulness of Crops for Foods?”, Journal of Agricultural and Food Chemistry, 2012, 60 (25), 6383-6390.

[6] Crystal Smith-Spangler, Margaret L. Brandeau, Grace E. Hunter, J. Clay Bavinger, Maren Pearson, Paul J. Eschbach, Vandana Sundaram, Hau Liu, Patricia Schirmer, Christopher Stave, Ingram Olkin, Dena M. Bravata; « Are Organic Foods Safer or Healthier Than Conventional Alternatives?A Systematic Review”, Annals of Internal Medicine, 2012 Sep;157(5) : 348-366.

[7] Food and Agriculture Organization, 2002. Internet database: http://www.fao.org. et PJ. Gregory, J.S.I. Ingram, « Global change and food and forest production: future scientific challenges », Agriculture, Ecosystems and Environment, 82 (2000), p. 3-14.

[8] Verena Seufert, Navin Ramankutty, Jonathan A. Foley, « Comparing the yields of organic and conventional agriculture », Nature, 25 avril 2012.

[9] Anthony Trewavas, “Urban myths of organic farming”, Nature, 410 (22 March 2001), 409-410.

L’échelle de Dawkins

Les jugements sur l’existence de Dieu peuvent se situer entre les deux extrêmes opposés de la certitude. Ce spectre est continu, mais on peut le graduer avec les sept jalons suivants.

 Dieu = Intelligence surnaturelle et surhumaine qui a délibérément conçu et créé l’univers et tout ce qu’il contient.

 1. THÉISME PUR ET DUR :

La probabilité de l’existence de Dieu est de 100 %. Je sais que Dieu existe.

2. THÉISME DE FAIT :

Il est très probable que Dieu existe, mais pas à 100 %. Je ne suis pas absolument certain, mais je crois fortement en Dieu et je mène ma vie en faisant comme s’il existait.

3. AGNOSTICISME AVEC TENDANCE AU THÉISME :

La probabilité que Dieu existe est à peine supérieure à 50 %. Je suis très incertain, mais j’ai tendance à croire que Dieu existe.

4. AGNOSTICISME IMPARTIAL :

La probabilité que Dieu existe est exactement de 50 %. L’existence de Dieu et sa non-existence sont exactement aussi probables l’une que l’autre.

5. AGNOSTICISME AVEC TENDANCE À L’ATHÉISME :

La probabilité que Dieu existe est à peine inférieure à 50 %. Je suis très incertain, mais j’ai tendance à croire que Dieu n’existe pas.

6. ATHÉISME DE FAIT :

Il est très probable que Dieu n’existe pas, mais pas à 100 %. Je ne suis pas absolument certain, mais je crois que l’existence de Dieu est très improbable et je mène ma vie en faisant comme s’il n’existait pas.

7. ATHÉISME PUR ET DUR :

La probabilité de l’existence de Dieu est de 0 %. Je sais que Dieu n’existe pas.

Référence : Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Paris, Robert Laffont, 2008, p. 59.

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